Critique musicale – EP1 de Pixies – Dirty Alice

Publié: 3 octobre 2013 par Dirty Alice dans Critique musicale, Général, Rock, Rock Alternatif
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Pixies -EP1

Pixies -EP1

Eh oui, ce qui devait arriver est arrivé… Vingt-deux années ont passé depuis le dernier album des lutins de Boston, neuf depuis leur reformation, et voici enfin, un disque des Pixies. On ne va pas se le cacher, c’était prévisible, gros comme une maison (ou comme le ventre de Black Francis, au choix). Depuis le départ de Kim Deal annoncé en Juin dernier, la presse Rock s’est affolée dans tous les sens, tout le monde se posant la même question : le leader des Pixies allait-il enfin sortir le disque que sa comparse avait toujours refusé d’enregistrer ? La sortie du single Bagboy (absent de cette galette) moins de deux semaines après le départ de la cool girl du groupe de Boston ne fit que confirmer ce que tout le monde savait pourtant déjà : on allait avoir du Pixies.

A partir de ce moment, deux camps se sont dégagés. D’un côté les puristes, qui ne voyaient en cette nouvelle production discographique que l’œuvre mégalomaniaque d’un Frank Black, toujours aussi boulimique quand il s’agit de produire des disques (il n’y a qu’à aller jeter sa œil à la discographie, aussi massive qu’inégale du chauve de Boston), et souhaitant ressusciter pour de bon le groupe de Rock le plus influent et le plus novateur de ces trente dernières années (il est toujours bon de le rappeler). Et de l’autre, une bande de fans aux abois qui jubilaient à l’idée d’entendre (enfin !) le disque qu’ils attendaient depuis plus de vingt ans.

Il y avait effectivement de quoi en exciter plus d’un. Le très bon (quoiqu’un peu long) Bagboy envoyé en éclaireur fin Juin avait de quoi mettre l’eau à la bouche. Entre sa rythmique faussement hip-hop, son refrain aux aires d’hymne conquérant (sur lequel on aurait juré d’entendre la douce voix Kim Deal) et l’énorme son déployé comme une réminiscence de Trompe le Monde, le morceau était plein de promesses. Que nos lutins favoris ont apparemment oublié de tenir…

Quand on balance un disque des Pixies sur sa platine, la première chose à laquelle on s’attend, la première chose qu’on veut : c’est une décharge, un uppercut, une gueulante. Sur cet EP1, rien de tout cela. L’introductif Andro Queen se trouve être une ballade affreusement calme et plate. Ce n’est pas qu’on n’aime pas quand les Pixies ralentissent le tempo ou font preuve d’un peu de douceur, mais à ce compte-là, on préférait qu’une vraie mélodie se dégage. A la place nous avons une chanson fade et mollassonne qui traîne en longueur pour s’enliser dans un inutile nuage de reverb. Dans le registre des morceaux doux, Indie Cindy fait bien meilleur effet. En se baladant entre ambiances malsaines et étrangement cotonneuses, le morceau constitue une réussite toute relative qui s’écoute avec un plaisir mou mais constant alors que Another Toe In The Ocean et What Goes Boom nous font penser à de vagues chutes de Trompe le Monde (qui est déjà un album de chutes, c’est dire…).

Le principal problème de cet EP, c’est qu’il n’a finalement pas grand-chose de Pixiesien à offrir : la basse est inaudible, les fulgurances de Santiago sont quasiment absentes, le sens de la dynamique semble s’être perdu en cours de route, et même Francis n’a pas l’air convaincu par ce qu’il chante. On a en tout et pour tout un disque moyen de Frank Black qui, il faut se résoudre à l’admettre, a sans doute perdu tout ce qui faisait son originalité et son génie. Ça fait peur.

Aussi improbable que cela puisse paraître de la part du combo de Boston, c’est finalement sur la longueur que cet EP1 arrive à sauver la face. Au fil des écoutes, Andro Queen s’avère écoutable bien que toujours pataude, alors qu’Another In the Ocean arrive à tirer son épingle du jeu grâce à sa mélodie entêtante et ses guitares conquérantes, sans pour autant révolutionner le Rock Alternatif. Seul What Goes Boom peine à relever la tête, la faute à un refrain mou du genou qui gâche un morceau qui aurait pu être le meilleur de la galette.

Au final, ce premier EP (qui sera suivi par QUATRES autres, faîtes gaffe) nous montre que Frank Black a sans doute définitivement rejoint le cercle des Songwritter en mal d’inspiration des années 90 (Billy Corgan et Noel Gallagher vont être contents d’avoir un nouveau copain avec qui jouer). 2013 fut l’année de come-back réussis (Black Sabbath, Primal Scream, My Bloody Valentine…), les Pixies sont malheureusement l’exception qui confirme la règle…

2.5/5

– Dirty Alice

NB : Dans ce cas précis la parution d’un nouveau disque des Pixies constituait un véritable événement dans le monde du rock indépendant. La critique d’artistes aussi important aura toujours un caractère exceptionnel sur ce site dont la vocation reste de révéler des artistes encore émergents ou peu connus.

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commentaires
  1. Max dit :

    Je trouve la note assez sévère (comme avec la plupart des critiques que j’ai lu jusque là). Après c’est sûr qu’il est dommage que la discographie des pixies ne soit plus irréprochable mais bon…

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