Articles Tagués ‘à’

Même quand on est féru de Post-Rock, chroniquer un album du genre est toujours un exercice de haut vol. Pourquoi ? Tout simplement parce que depuis l’année 1994 et Hex de Bark Psychosis, l’un des albums fondateurs du genre, le style s’est développé dans de multiples directions. Qu’est-ce que Tortoise (plutôt axé Jazz) et Mogwai (qui vont parfois jusqu’à se réclamer du punk) ont réellement en commun, si ce n’est leur attrait pour la musique instrumentale ? Et si faire de la musique instrumentale est une condition sine qua non pour être étiqueté dans cette catégorie, alors pourquoi les islandais de Sigur Rós sont-ils estampillés Post-Rock en sachant que le chant est une part essentielle de leur musique ? Autant de questions qui restent sans réponses… A cela on peut ajouter que, si le genre est extrêmement éclectique, chacune de ses branches a la mauvaise habitude de donner naissance à des bourgeons relativement semblables. Et même s’il n’y a que peu de vrais mauvais groupes de Post-Rock, on peine parfois à en trouver de vrais bons. Ainsi, il y a sans doute des centaines de groupes comme Mogwai, mais il n’y a qu’un seul, unique et authentique Mogwai. Un paradoxe de plus…

0000649997_10C’est avec cela en tête que je me suis attaqué au premier album des Grenoblois de Magnetoscop. Rien qu’avec son titre flou et pourtant explicite et son artwork simple et mystérieux (un océan noir sans fin, tendant vers un horizon nuageux), on sait qu’Une Fleur dans le Goudron ne peut être que l’œuvre d’un groupe de Post-Rock. Ce n’est pas l’introductif « Geranium » qui fera mentir. Progressif et intense, calme puis déchaîné, le morceau fait son (long) chemin pour finalement s’éteindre en douceur sur quelques notes d’un piano saturé et envoûtant. Pas très innovant certes, mais diablement efficace. Ce n’est qu’à partir de « l’Homme » que le groupe montre ce qu’il sait vraiment faire. Le morceau s’articule autour d‘un sample du film « La Planète des Singes » (1968), nous décrivant la nature humaine telle qu’elle est perçue par les primates. Courte, apocalyptique et terrifiante, la musique colle parfaitement aux terribles mots que lit Cornelius : « L’Homme peut tuer son frère pour posséder la terre de son frère, […] il transformera en désert son pays et le tient, […] il est le fourrier de la mort ». Est-ce le sample qui vient sublimer la musique ou la musique qui vient donner du sens aux paroles prononcées par le primate ? On ne saurait le dire avec certitude, mais cela ne rend le morceau que plus saisissant et fascinant encore. C’est là que Magnetoscop se démarque, par la pertinence de ses samples. Le diptyque « La Mèche »/ « Feu » en est un autre excellent exemple. Chacune des explosions qui jalonne ce morceau (à l’ambiance très western/psyché) est annoncée par la phrase : « Fait gaffe avec ta putain de pipe, tu vas nous faire sauter ». Classe.

Le reste de l’album est nettement plus classique. Que ce soit les plages aériennes et pesantes (« Après la pluie »), ou les longs morceaux épiques (« Ulan Bator »), l’originalité n’est pas vraiment au rendez-vous (on a déjà entendu cette basse lourde et ces ambiances malsaines chez Les Discrets), sans pour autant que ces moments soient désagréables. En fin d’album, l’ennui vient parfois pointer le bout de son nez, la faute à des redites qui semblent décidément inévitables pour les groupes du genre (« Opium »). Magnetoscop a cependant le bon ton de refermer l’album avec un morceau du même type que celui qui l’ouvre : classique mais classieux.

Loin de révolutionner le genre, Une Fleur dans le Goudron s’appuie sur des fondamentaux solides pour délivrer un Post-Rock classique, mais truffé de petites trouvailles du plus bel effet. Malgré quelques redondances et un manque d’originalité tout relatif, on ne peut que souhaiter une bonne continuation aux gars de Magnetoscop, tout en espérant que leur musique s’éloigne des sentiers battus du Post-Rock dans l’avenir, pour nous transporter vers d’autres horizons que ceux de cette mer, mystérieuse certes, mais qui manque encore un peu de vagues.

Note : 3.5/5

– Dirty Alice

Facebook : https://www.facebook.com/magnetoscopmusic?fref=ts

Publicités

1. Pouvez-vous nous présenter votre projet ? Où êtes-vous basés ? Êtes-vous indépendants ou êtes-vous une structure culturelle de la mairie locale ?

La Grange à Son, c’est une petite entreprise indépendante et familiale ! Je suis la
« patronne » des lieux, et je travaille en partenariat avec diverses personnes, qui seront probablement citées au fil de cette interview. Nous nous trouvons dans l’est lyonnais, à 20mn du centre ville de Lyon.
Nous essayons de proposer un service à l’artiste le plus complet possible, nous avons :
– 2 studios de répétitions de 14 et 17 m2, insonorisés, équipés et climatisés.
– la possibilité de « maquetter » : nous n’avons pas la prétention d’enregistrer des albums, mais d’avoir un produit plutôt très correct, oui !
– la location de backline, pour les tournées ou juste pour une date isolée (amplis, batterie, sono… ).
– la possibilité de répéter sur plusieurs jours (résidence) et de dormir sur place en chambres d’hôtes (nous en avons 2, toutes récentes ! Dans la Grange du Pourra).
– la location de tourvans pour des tournées qui peuvent durer de quelques jours à plusieurs semaines… En fait nous sommes le « relais » lyonnais de l’entreprise de tourvans d’un pote, « Road to Yell », basée en Auvergne, notre région d’origine.

2. « La Grange à Son ». Pourquoi ce nom ?

Notre maison est une ancienne ferme San Priote, et je voulais vraiment que l’esprit reste ce qu’il était ; donc visuellement c’est toujours une ferme, les poules, les canards, le coq, les lapins, le chien, les chats ! Les studios ont été créés dans l’ancienne grange à foin et à grains, il était important à nos yeux que le nom soit lié et à la musique, et à cet endroit ! Alors voilà, « la Grange », tu comprends pourquoi, et « à son » c’est un jeu de mot entre l’enveloppe des céréales qui reste après mouture et ce qui émanent des musiciens qui jouent ici !

3. Les membres de Tobacco Factory, interviewés précédemment, sont accompagnés par la Grange à Son. Y a-t-il d’autres groupes dans le même cas ?

Pour le moment, non, puisque l’activité n’en est qu’à son début et prend beaucoup de temps à développer. Je ne veux pas prendre plusieurs groupes en booking parce que j’aime le boulot bien fait ! Alors mieux vaut un groupe bien suivi, que plusieurs en dilettante…

4. Quelle est la démarche pour bénéficier de cet accompagnement, et en quoi consiste-t- il ?

En fait, Tobacco Factory a enregistré son 1er opus à la GAS en février, un trio pop rock garage (ils préfèrent que je dise Heavy-pop, mais je n’y arrive pas -rires-), bien sympa et motivé ! C’est plus un coup de cœur humain et musical à la base, qu’une réelle approche pro, même si ça l’est devenu forcément !
L’accompagnement tourne essentiellement autour du booking de dates (ça c’est moi !), le son (là c’est Olivier, mon technicien et accessoirement mon mari!) et la régie de tournée qu’on se partage !
Même si seul Tobacco Factory « profite » de cela pour le moment (et c’est pas gratuit ! – re rires!), nous restons à l’affût d’autres groupes, puisque dans un futur proche, je pense développer cet aspect…

5. Accompagnez-vous d’autres types de projets (photographie, vidéo, sculpture par exemple) ?

Non, notre domaine c’est la musique, et je ne me vois pas jouer dans une cour que je ne maîtrise pas ! Par contre, je bosse avec un copain, basé en Auvergne aussi, Mathieu Carton de « en attendant l’été », et pour l’accompagnement photos-vidéos vous pouvez y aller les yeux fermés !

6. Les services que vous proposez sont-ils gratuits ou payants ? Quels sont les tarifs ?

Alors oui, c’est payant, il faut que j’arrive à vivre !
Les studios fonctionnent soit à l’heure de 6€ de l’heure à 10€ selon le studio et le moment ! Soit avec des forfaits de 4, 8 ou 12h allant de 25 à 85€.
Les locations de tourvans et backline sont sur devis en fonction des besoins ; un vieux Mesaboogie à lampes ne sera pas au même prix qu’un ampli moyenne gamme actuel… ou un Sprinter luxe ne sera pas au même tarif qu’un Trafic éco !
Quant au maquettage, c’est 190€ la journée de 8h (hors mastering), techniciens compris. J’en profite pour remercier Vincent Lambinet qui répond toujours présent !
Et les chambres d’hôtes à 60€ et 70€ selon laquelle, petit déjeuner compris !
Pour le détail de tout ces tarifs nous avons un site internet http://www.lagrangeason.fr ou un mail lagrangeason@gmail.com !

7. Liens utiles ?

http://www.lagrangeason.fr http://www.facebook.com/pages/La-Grange-à-Son http://www.facebook.com/LaGrangeDuPourra http://www.roadtoyell.com/ http://www.facebook.com/TobaccoFactoryMusic http://www.enattendant.fr

– Chapelier rouge

Nouvelle interview en préparation : celle de La Grange à Son, structure qui aide les groupes lyonnais à se lancer, en leur proposant un local et d’autres services, mais vous en saurez plus lorsque l’interview paraîtra !

– Chapelier rouge