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Je sais ce que vous vous dîtes en lisant cette chronique : Wonderland Is A Lie est blindé de post-rock. Je ne saurai vous donner tort… Surtout après la critique de RIEN qui est arrivée il y a peu. Mais bon, ce n’est pas de ma faute si l’actualité du post-rock est si riche en ce moment, (d’ailleurs, Mogwai vient de sortir un single non ?). Enfin bref.

Comme nous l’avons longuement expliqué dans la chronique de Magnetoscop, le principal problème de ce genre exotique qu’est le post-rock est que tous les groupes ont tendance à faire un peu la même chose (putain de paradoxe quand même…) et qu’il est du coup facile de faire le tour d’un style qui ne se veut pourtant pas en être un (demandez à un groupe de post-rock s’ils font du post-rock, ils vous répondront tout simplement non). La principale problématique d’un groupe post-rock est donc de savoir comment se démarquer des autres, sans pour autant plonger dans les méandres de l’incompréhension musicale la plus totale. Pas toujours facile. Les grenoblois de Collapse ont donc choisi une option intermédiaire et nous offre un album au son massif, à mi-chemin entre le prog et le metal.

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C’est le poignant « Your Grace Is Out Of Time » qui se charge d’ouvrir les hostilités. Une voix féminine, froide et synthétique nous accueil aux portes de The Fall, suivie par des décharges de guitares au son rêche et de nappes de synthétiseurs instaurant une ambiance à la fois malsaine et majestueuse. Un malaise sonore étreint alors vicieusement l’auditeur pour ensuite ne plus le lâcher pendant près de 50 minutes.  Ce morceau liminaire pose les bases d’un disque qui, à l’instar du Ponorgraphy des Cure sorti il y a plus de trente ans, ne s’écoute pas, mais se ressent. The Fall est un album à passer seul chez soi (lumières basses et rougeâtres de préférence) afin de ressentir tout le mal être qui en émane. Ajoutez à cela une science du riff que beaucoup de groupes pourraient envier et vous tenez là un album de haute volé, capable de déchaîner des critiques aux avis de plus en plus extrêmes lorsqu’ils découvrent un nouveau groupe.

Cependant le reste des titres souffre de la comparaison avec le morceau d’ouverture, à côté duquel ils paraissent un peu fades, bien qu’ils soient souvent de très bonne facture (le pesant « Jesco’s Ghost » et le plus aérien « The Dream Is Over »).  D’autres n’arrivent pas à se soustraire des écueils habituels du post-rock pour aller se perdre en longueur alors qu’ils n’en ont pas forcément la carrure (« Bringing Out The Dead »), ou se répéter sans vraiment apporter au propos.

C’est pour cette raison qu’il est beaucoup plus intéressant d’écouter The Fall comme on regarde un (bon) film d’horreur. Tout se joue finalement sur l’ambiance. Ce que Collapse à apparemment bien compris, car le son de l’album colle parfaitement à ce que les mélodies nous évoquent. Basse lourde, guitares incisives, nappes de synthés et batterie surpuissante, sublimés par un mixage lisse et de grande classe, convenant parfaitement à l’univers sombre et froid que nous impose le groupe.

Mais tout n’est pas que poigne glaciale dans « The Fall ». Quelques instants de légèreté parsèment le disque (« Tears », « Last Chance to Live ») donnant un peu de relief au paysages assez uniformes de l’album, le groupe se payant même le luxe de terminer sur le très bon « I Hope Your In Peace Now », épopée salvatrice, apportant une profonde et ultime respiration à cette expérience haletante que demeure « The Fall ».

Note : 3.5/5

Dirty Alice

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J’annonce tout d’abord que nous ne ferons aucune blague du type « C’est RIEN et pourtant c’est quelque chose » ou « RIEN et c’est tout » durant cette chronique. Premièrement parce que c’est nul, deuxièmement parce que c’est de mauvais goût et troisièmement parce qu’elles ont toutes déjà été faîtes par le passé. 2RIEN

A défaut d’être connu du grand public ou de vendre des centaines de milliers de disques, RIEN n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un groupe émergent. Le combo de post-rock Grenoblois, qui compte bientôt une quinzaine d’années d’activités, nous livre ici son quatrième et avant dernier disque. Car oui « 2 », qui et le deuxième EP d’une trilogie entamée en 2010 avec « 3 » (je vous laisse deviner le titre du prochain), est en quelques sortes l’avant dernier chapitre de l’histoire de RIEN, dont la mort programmée aura lieu en 2014.

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RIEN est un groupe de post-rock qui ne s’appréhende comme aucun autre. S’il est la plupart du temps possible de rattacher un groupe de post-rock à un style adjacent (souvent jazz, parfois metal, presque tout le temps shoegaze…), les gars de RIEN prennent un malin plaisir à brouiller les pistes d’un disque à l’autre, faisant copuler sans vergogne des influences diverses et variées (et improbables), allant de Nirvana à Katerine, de Tortoise à Bach, tout cela en passant par Sonic Youth et autre Blonde Redhead

A la fois plus froid et plus enivrant que ses prédécesseurs, « 2 » marque un nouveau virage à quatre-vingt-dix degrés dans la discographie de du combo grenoblois. Notamment par l’ajout de sonorités électro-kitsch du plus bel effet. L’excellent « Autobahn Love » qui ouvre le disque se trouve ainsi tiraillé entre ambiances sous-marines décalées, fuzz façon Smashing Pumpkins et les guitares arides des Queens Of The Stone Age, pour ensuite se terminer dans le calme sur une descente planante aux allures de glissade vers l’infini. Ce nouveau son de cloche donne un aspect encore plus bipolaire à la musique de RIEN qui, sans cesse aspirée dans des directions contradictoires, met plus de temps à nous accrocher que par le passé. Si « Looters Will Be Shot » réussit à convaincre après avoir laissé décanter plusieurs fois la galette, « Interstellar Drift » se prend quelque peu les pieds dans le tapis et ne trouve de réelle utilité que dans la transition quelle matérialise entre le titre qui la précède et celui qui la suit.

Autre changement de taille (et c’est le cas de le dire) : le format. Contrairement à nombre de ses prédécesseurs, « 2 » a le bon ton de ne pas s’embarrasser de longueurs dispensables. Seule la conclusive « La Chute de Satan » dépasse (et encore à peine) la barre des sept minutes, sans pour autant se perdre dans d’inutiles et ennuyeuses divagations. RIEN ne laissant pas le temps à notre esprit de vagabonder, le propos n’en devient que plus pertinent et convaincant, surtout pour un auditeur non habitué aux mœurs du Post-Rock atypique de nos grenoblois.

Plus sombre et décalé que par le passé, RIEN signe ici un disque au trois quarts bon (voir très bon), plein de prises de risques et de petites trouvailles qui nous font regretter que la fin s’annonce désormais si proche pour le quinquet des alpes. En attendant, il vous reste encore un peu de temps pour découvrir en live la bande de Grenoble, avant que mort s’en suive.

Note : 3.5/5

Dirty Alice

L’Amicale Underground, label de RIEN : http://www.amicale-underground.org/

Facebook : https://www.facebook.com/pages/RIEN/119809412345?fref=ts

Bandcamp : http://rien.bandcamp.com/

Pixies -EP1

Pixies -EP1

Eh oui, ce qui devait arriver est arrivé… Vingt-deux années ont passé depuis le dernier album des lutins de Boston, neuf depuis leur reformation, et voici enfin, un disque des Pixies. On ne va pas se le cacher, c’était prévisible, gros comme une maison (ou comme le ventre de Black Francis, au choix). Depuis le départ de Kim Deal annoncé en Juin dernier, la presse Rock s’est affolée dans tous les sens, tout le monde se posant la même question : le leader des Pixies allait-il enfin sortir le disque que sa comparse avait toujours refusé d’enregistrer ? La sortie du single Bagboy (absent de cette galette) moins de deux semaines après le départ de la cool girl du groupe de Boston ne fit que confirmer ce que tout le monde savait pourtant déjà : on allait avoir du Pixies.

A partir de ce moment, deux camps se sont dégagés. D’un côté les puristes, qui ne voyaient en cette nouvelle production discographique que l’œuvre mégalomaniaque d’un Frank Black, toujours aussi boulimique quand il s’agit de produire des disques (il n’y a qu’à aller jeter sa œil à la discographie, aussi massive qu’inégale du chauve de Boston), et souhaitant ressusciter pour de bon le groupe de Rock le plus influent et le plus novateur de ces trente dernières années (il est toujours bon de le rappeler). Et de l’autre, une bande de fans aux abois qui jubilaient à l’idée d’entendre (enfin !) le disque qu’ils attendaient depuis plus de vingt ans.

Il y avait effectivement de quoi en exciter plus d’un. Le très bon (quoiqu’un peu long) Bagboy envoyé en éclaireur fin Juin avait de quoi mettre l’eau à la bouche. Entre sa rythmique faussement hip-hop, son refrain aux aires d’hymne conquérant (sur lequel on aurait juré d’entendre la douce voix Kim Deal) et l’énorme son déployé comme une réminiscence de Trompe le Monde, le morceau était plein de promesses. Que nos lutins favoris ont apparemment oublié de tenir…

Quand on balance un disque des Pixies sur sa platine, la première chose à laquelle on s’attend, la première chose qu’on veut : c’est une décharge, un uppercut, une gueulante. Sur cet EP1, rien de tout cela. L’introductif Andro Queen se trouve être une ballade affreusement calme et plate. Ce n’est pas qu’on n’aime pas quand les Pixies ralentissent le tempo ou font preuve d’un peu de douceur, mais à ce compte-là, on préférait qu’une vraie mélodie se dégage. A la place nous avons une chanson fade et mollassonne qui traîne en longueur pour s’enliser dans un inutile nuage de reverb. Dans le registre des morceaux doux, Indie Cindy fait bien meilleur effet. En se baladant entre ambiances malsaines et étrangement cotonneuses, le morceau constitue une réussite toute relative qui s’écoute avec un plaisir mou mais constant alors que Another Toe In The Ocean et What Goes Boom nous font penser à de vagues chutes de Trompe le Monde (qui est déjà un album de chutes, c’est dire…).

Le principal problème de cet EP, c’est qu’il n’a finalement pas grand-chose de Pixiesien à offrir : la basse est inaudible, les fulgurances de Santiago sont quasiment absentes, le sens de la dynamique semble s’être perdu en cours de route, et même Francis n’a pas l’air convaincu par ce qu’il chante. On a en tout et pour tout un disque moyen de Frank Black qui, il faut se résoudre à l’admettre, a sans doute perdu tout ce qui faisait son originalité et son génie. Ça fait peur.

Aussi improbable que cela puisse paraître de la part du combo de Boston, c’est finalement sur la longueur que cet EP1 arrive à sauver la face. Au fil des écoutes, Andro Queen s’avère écoutable bien que toujours pataude, alors qu’Another In the Ocean arrive à tirer son épingle du jeu grâce à sa mélodie entêtante et ses guitares conquérantes, sans pour autant révolutionner le Rock Alternatif. Seul What Goes Boom peine à relever la tête, la faute à un refrain mou du genou qui gâche un morceau qui aurait pu être le meilleur de la galette.

Au final, ce premier EP (qui sera suivi par QUATRES autres, faîtes gaffe) nous montre que Frank Black a sans doute définitivement rejoint le cercle des Songwritter en mal d’inspiration des années 90 (Billy Corgan et Noel Gallagher vont être contents d’avoir un nouveau copain avec qui jouer). 2013 fut l’année de come-back réussis (Black Sabbath, Primal Scream, My Bloody Valentine…), les Pixies sont malheureusement l’exception qui confirme la règle…

2.5/5

– Dirty Alice

NB : Dans ce cas précis la parution d’un nouveau disque des Pixies constituait un véritable événement dans le monde du rock indépendant. La critique d’artistes aussi important aura toujours un caractère exceptionnel sur ce site dont la vocation reste de révéler des artistes encore émergents ou peu connus.

Même quand on est féru de Post-Rock, chroniquer un album du genre est toujours un exercice de haut vol. Pourquoi ? Tout simplement parce que depuis l’année 1994 et Hex de Bark Psychosis, l’un des albums fondateurs du genre, le style s’est développé dans de multiples directions. Qu’est-ce que Tortoise (plutôt axé Jazz) et Mogwai (qui vont parfois jusqu’à se réclamer du punk) ont réellement en commun, si ce n’est leur attrait pour la musique instrumentale ? Et si faire de la musique instrumentale est une condition sine qua non pour être étiqueté dans cette catégorie, alors pourquoi les islandais de Sigur Rós sont-ils estampillés Post-Rock en sachant que le chant est une part essentielle de leur musique ? Autant de questions qui restent sans réponses… A cela on peut ajouter que, si le genre est extrêmement éclectique, chacune de ses branches a la mauvaise habitude de donner naissance à des bourgeons relativement semblables. Et même s’il n’y a que peu de vrais mauvais groupes de Post-Rock, on peine parfois à en trouver de vrais bons. Ainsi, il y a sans doute des centaines de groupes comme Mogwai, mais il n’y a qu’un seul, unique et authentique Mogwai. Un paradoxe de plus…

0000649997_10C’est avec cela en tête que je me suis attaqué au premier album des Grenoblois de Magnetoscop. Rien qu’avec son titre flou et pourtant explicite et son artwork simple et mystérieux (un océan noir sans fin, tendant vers un horizon nuageux), on sait qu’Une Fleur dans le Goudron ne peut être que l’œuvre d’un groupe de Post-Rock. Ce n’est pas l’introductif « Geranium » qui fera mentir. Progressif et intense, calme puis déchaîné, le morceau fait son (long) chemin pour finalement s’éteindre en douceur sur quelques notes d’un piano saturé et envoûtant. Pas très innovant certes, mais diablement efficace. Ce n’est qu’à partir de « l’Homme » que le groupe montre ce qu’il sait vraiment faire. Le morceau s’articule autour d‘un sample du film « La Planète des Singes » (1968), nous décrivant la nature humaine telle qu’elle est perçue par les primates. Courte, apocalyptique et terrifiante, la musique colle parfaitement aux terribles mots que lit Cornelius : « L’Homme peut tuer son frère pour posséder la terre de son frère, […] il transformera en désert son pays et le tient, […] il est le fourrier de la mort ». Est-ce le sample qui vient sublimer la musique ou la musique qui vient donner du sens aux paroles prononcées par le primate ? On ne saurait le dire avec certitude, mais cela ne rend le morceau que plus saisissant et fascinant encore. C’est là que Magnetoscop se démarque, par la pertinence de ses samples. Le diptyque « La Mèche »/ « Feu » en est un autre excellent exemple. Chacune des explosions qui jalonne ce morceau (à l’ambiance très western/psyché) est annoncée par la phrase : « Fait gaffe avec ta putain de pipe, tu vas nous faire sauter ». Classe.

Le reste de l’album est nettement plus classique. Que ce soit les plages aériennes et pesantes (« Après la pluie »), ou les longs morceaux épiques (« Ulan Bator »), l’originalité n’est pas vraiment au rendez-vous (on a déjà entendu cette basse lourde et ces ambiances malsaines chez Les Discrets), sans pour autant que ces moments soient désagréables. En fin d’album, l’ennui vient parfois pointer le bout de son nez, la faute à des redites qui semblent décidément inévitables pour les groupes du genre (« Opium »). Magnetoscop a cependant le bon ton de refermer l’album avec un morceau du même type que celui qui l’ouvre : classique mais classieux.

Loin de révolutionner le genre, Une Fleur dans le Goudron s’appuie sur des fondamentaux solides pour délivrer un Post-Rock classique, mais truffé de petites trouvailles du plus bel effet. Malgré quelques redondances et un manque d’originalité tout relatif, on ne peut que souhaiter une bonne continuation aux gars de Magnetoscop, tout en espérant que leur musique s’éloigne des sentiers battus du Post-Rock dans l’avenir, pour nous transporter vers d’autres horizons que ceux de cette mer, mystérieuse certes, mais qui manque encore un peu de vagues.

Note : 3.5/5

– Dirty Alice

Facebook : https://www.facebook.com/magnetoscopmusic?fref=ts

Album Insérer Titre

Artwork de l’album Insérer Titre

Chroniquer des artistes émergents ou peu connus, c’est plus difficile que ce qu’on pourrait croire. Rien ne vient tout seul, il faut toujours tout chercher soi-même : les groupes, les infos, les concerts, les CD… Surtout qu’il faut parfois aller chercher loin. Alors certes à l’ère de l’internet, la Belgique peut paraître toute proche, mais quand on s’occupe du cas d’un groupe de la scène Post-Rock du plat pays, on se dit qu’il serait tout de même plus pratique d’habiter de l’autre côté de la frontière (surtout que là-bas ils ont de la bière et des frites).

Ceci dit, se donner la peine de fouiner un peu partout est parfois payant, surtout  quand on tombe sur une petite perle comme L.T.D.M.S. Ces post-rockeurs bruxellois, que l’on compare parfois à God Speed You ! Black Emperor et autre Tortoise, livrent ici un deuxième album, surprenant, frais et juvénile.

Ce qui saute tout d’abord aux yeux (ou plutôt aux oreilles) à l’écoute de « Insérer Titre » c’est le rendu extrêmement sec du son. Bien loin des abus d’écho et de reverb qui sont  monnaie courante dans le Post-Rock, le groupe offre un disque aride, direct et spontané. Dès les premières notes de « Douze », une traversée du désert longue de près de 50 minutes se profile. Le morceau se veut à l’image du disque : épique, varié et exotique (flute, violoncelle et cuivres côtoient avec bonheur des guitares rappeuses). Ce n’est qu’après ces seize premières minutes que vient « Dix ». Commençant sur un arpège plein de pudeur et de beauté, les nappes de cuivres et d’harmonica viennent ensuite habiller le titre qui s’intensifie peu à peu pour arracher des poignées d’émotions contradictoires, avant de se tendre et d’exploser pour finalement s’éteindre dans un final rempli de guitares violentes ultra fuzzées.

Arrive ensuite « Six » dont le riff garage-noise se veut plus direct. Avec une première partie alternant larsens fougueux et fulgurances rythmiques, et une seconde plus tendu s’accélérant sur un déluge de guitares rêches, l’ensemble constitue sans doute le morceau le plus efficace du disque. C’est finalement le superbe « Onze » qui referme l’album de la plus belle des manières et achève le voyage rempli de mirages qu’est « Insérer Titre ».

Alors bien sûr on pourrait reprocher à l’album sa production parfois un poil hasardeuse, un son assez peu travaillé et un ensemble manquant encore d’homogénéité, mais ce serait boudé le plaisir sincère suscité par l’écoute de ces quatre titres. Qui ont leurs défauts certes, mais des défauts qui constituent autant de qualités. Pour ce disque, on se contentera donc de tirer notre chapeau aux gars de L.T.D.M.S. La classe les belges.

Note : 4/5

– Dirty Alice

Site officiel : http://www.ltdms.be/

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Une fois en lisant GreNews, je suis tombé sur un article à propos d’IronBlast. Je ne me souviens plus de la teneur exacte, mais il me semble que c’était assez élogieux. Enfin bref, je sais que le Chapelier avait pour projet de les interviewer, mais cela ne s’est pas fait et ne se fera sans doute jamais car le groupe s’est séparé depuis peu. Comme avec Tobbaco Factory, une critique du disque by myself devait suivre. Mais puisque le groupe a désormais disparu, je me suis dit : «autant faire ça bien». Alors plutôt que de faire une simple critique du disque comme prévu à la base, je me suis décidé à parler un peu du groupe et de son historique. Pour réaliser cette chronique je me suis donc beaucoup documenté, via le Facebook du groupe (la base) et les témoignages de quelques personnes qui ont suivi ces metalleux de manière relativement assidue (je remercie au passage toutes les personnes qui m’ont fourni ces précieuses informations, elles se reconnaîtront). Je n’ai malheureusement pu obtenir aucune anecdote croustillante qui aurait pu rendre ce pavé plus drôle…

IronBlast, c’est une histoire longue de près de six ans qui commence en 2007 et se termine en 2013. Entre temps, un grand nombre de musiciens se sont succédés, et seules la section rythmique et la voix restent de la formation originelle. Au total il y a eu pas moins de quatre guitaristes et de trois claviéristes différents (ça fait du monde). Après divers remaniements, le lineup du groupe de Deathcore mélodique Grenoblois s’est finalement stabilisé en 2011 avec pas moins de six membres (!) : deux guitaristes, un claviériste, un bassiste, un batteur et un screamer. Mais, ayant eu l’occasion de les voir sur scène avant qu’ils ne se séparent, j’ai pu remarquer qu’ils avaient été rejoint par un second vocaliste qui s’occupait également de lancer des samples pendant les concerts, mais ce, après la sortie de leur EP (le dit membre n’est pas indiqué dans le personnel ayant participé à l’enregistrement). De ce live, j’ai le souvenir d’un groupe de Metalcore, avec tout ce qui définit le genre, c’est-à-dire un rythme martial, du scream, de la double pédale et des guitares (ou plutôt des guitaristes) qui en imposaient. Plusieurs membres étant sur le départ le groupe a splitté peu après ce concert, de peur qu’un nouveau changement de personnel dans la bande ne vienne corrompre l’identité du groupe. Mais trêve de bavardages, passons à la musique.

EP Omega

EP Omega

Alors autant le dire tout de suite, si vous n’êtes pas habitués aux mœurs de ce genre musical et que le scream vous incommode, vous écœure, ou vous fait tout simplement peur, passez votre chemin de suite, ce disque n’est pas fait pour vous. Mais alors pas du tout. Car c’est le seul type de vocalise que vous entendrez sur cet EP et, même si les hurlements sont exécutés de manière plus qu’honorable, on ne peut s’empêcher de penser que quelques parties de chant clair auraient apporté un peu de relief sur un disque finalement assez lisse. En effet car la première chose qui frappe à l’écoute d’Omega, c’est le son. Ayant vu le groupe jouer en live avant sa séparation, je m’attendais en premier lieu à une déflagration sonore, remplie de guitares légèrement crasseuses. Mais on s’aperçoit vite que les qualificatifs qui décrivent le mieux le son de ce disque seraient plutôt : « lisse », « propre » ou encore « précis ». Presque trop, car l’énergie dégagée lors des live est, de fait, en partie perdue, et c’est un peu dommage.
Pour remédier au problème, l’ensemble bénéficie d’une production assez léchée, qui met en valeur la musique plus que l’énergie qu’elle est sensée dégager. Les synthés sont ainsi très (trop ?) présents, imposent des ambiances malsaines (l’intro de la chanson titre) et lient entre elles des guitares efficaces («In The Forest») ou qui frappent l’auditeur façon uppercut («Insanity»). Les riffs se répondent dans un dialogue musclé, arbitré par une section rythmique impeccable. Les différentes chansons bénéficient de structures assez éloignées du classique (mais ô combien efficace) couplet/refrain. Tantôt avec bonheur comme sur le très bon «In The Forest», le meilleur morceau de l’EP, tantôt en perdant légèrement l’auditeur («Omega»), qui se rabat ainsi sur les solos, techniques et pourtant mélodieux, pour ne pas décrocher du disque.
La technique des musiciens est d’ailleurs le gros point fort du disque, parce que même pour un groupe de Metal, IronBlast en jette, que ce soit par les solos évoqués précédemment, par les fulgurances rythmiques de la seconde guitare et de la basse, ou encore par la force de frappe du batteur, qui adopte en même temps un jeu précis et véloce (l’intro de «Fearless» en est un bon exemple).

Unique témoignage discographique d’un groupe aujourd’hui disparu, Omega est donc un bon EP. Bon certes, mais perfectible, qui aurait gagné à avoir un son plus vrai et plus puissant. Quelques grands instants jalonnent ce disque prometteur, mais il n’y aura malheureusement pas de suite… Quoi qu’il en soit, soyez certains que Wonderland is a lie vous tiendra informé des projets artistiques futurs des anciens IronBlast, il parait d’ailleurs que quelque chose serait déjà en train de se préparer. Affaire à suivre.

Note : 3/5

– Dirty Alice

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