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Album Insérer Titre

Artwork de l’album Insérer Titre

Chroniquer des artistes émergents ou peu connus, c’est plus difficile que ce qu’on pourrait croire. Rien ne vient tout seul, il faut toujours tout chercher soi-même : les groupes, les infos, les concerts, les CD… Surtout qu’il faut parfois aller chercher loin. Alors certes à l’ère de l’internet, la Belgique peut paraître toute proche, mais quand on s’occupe du cas d’un groupe de la scène Post-Rock du plat pays, on se dit qu’il serait tout de même plus pratique d’habiter de l’autre côté de la frontière (surtout que là-bas ils ont de la bière et des frites).

Ceci dit, se donner la peine de fouiner un peu partout est parfois payant, surtout  quand on tombe sur une petite perle comme L.T.D.M.S. Ces post-rockeurs bruxellois, que l’on compare parfois à God Speed You ! Black Emperor et autre Tortoise, livrent ici un deuxième album, surprenant, frais et juvénile.

Ce qui saute tout d’abord aux yeux (ou plutôt aux oreilles) à l’écoute de « Insérer Titre » c’est le rendu extrêmement sec du son. Bien loin des abus d’écho et de reverb qui sont  monnaie courante dans le Post-Rock, le groupe offre un disque aride, direct et spontané. Dès les premières notes de « Douze », une traversée du désert longue de près de 50 minutes se profile. Le morceau se veut à l’image du disque : épique, varié et exotique (flute, violoncelle et cuivres côtoient avec bonheur des guitares rappeuses). Ce n’est qu’après ces seize premières minutes que vient « Dix ». Commençant sur un arpège plein de pudeur et de beauté, les nappes de cuivres et d’harmonica viennent ensuite habiller le titre qui s’intensifie peu à peu pour arracher des poignées d’émotions contradictoires, avant de se tendre et d’exploser pour finalement s’éteindre dans un final rempli de guitares violentes ultra fuzzées.

Arrive ensuite « Six » dont le riff garage-noise se veut plus direct. Avec une première partie alternant larsens fougueux et fulgurances rythmiques, et une seconde plus tendu s’accélérant sur un déluge de guitares rêches, l’ensemble constitue sans doute le morceau le plus efficace du disque. C’est finalement le superbe « Onze » qui referme l’album de la plus belle des manières et achève le voyage rempli de mirages qu’est « Insérer Titre ».

Alors bien sûr on pourrait reprocher à l’album sa production parfois un poil hasardeuse, un son assez peu travaillé et un ensemble manquant encore d’homogénéité, mais ce serait boudé le plaisir sincère suscité par l’écoute de ces quatre titres. Qui ont leurs défauts certes, mais des défauts qui constituent autant de qualités. Pour ce disque, on se contentera donc de tirer notre chapeau aux gars de L.T.D.M.S. La classe les belges.

Note : 4/5

– Dirty Alice

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