Articles Tagués ‘EP’

J’annonce tout d’abord que nous ne ferons aucune blague du type « C’est RIEN et pourtant c’est quelque chose » ou « RIEN et c’est tout » durant cette chronique. Premièrement parce que c’est nul, deuxièmement parce que c’est de mauvais goût et troisièmement parce qu’elles ont toutes déjà été faîtes par le passé. 2RIEN

A défaut d’être connu du grand public ou de vendre des centaines de milliers de disques, RIEN n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un groupe émergent. Le combo de post-rock Grenoblois, qui compte bientôt une quinzaine d’années d’activités, nous livre ici son quatrième et avant dernier disque. Car oui « 2 », qui et le deuxième EP d’une trilogie entamée en 2010 avec « 3 » (je vous laisse deviner le titre du prochain), est en quelques sortes l’avant dernier chapitre de l’histoire de RIEN, dont la mort programmée aura lieu en 2014.

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RIEN est un groupe de post-rock qui ne s’appréhende comme aucun autre. S’il est la plupart du temps possible de rattacher un groupe de post-rock à un style adjacent (souvent jazz, parfois metal, presque tout le temps shoegaze…), les gars de RIEN prennent un malin plaisir à brouiller les pistes d’un disque à l’autre, faisant copuler sans vergogne des influences diverses et variées (et improbables), allant de Nirvana à Katerine, de Tortoise à Bach, tout cela en passant par Sonic Youth et autre Blonde Redhead

A la fois plus froid et plus enivrant que ses prédécesseurs, « 2 » marque un nouveau virage à quatre-vingt-dix degrés dans la discographie de du combo grenoblois. Notamment par l’ajout de sonorités électro-kitsch du plus bel effet. L’excellent « Autobahn Love » qui ouvre le disque se trouve ainsi tiraillé entre ambiances sous-marines décalées, fuzz façon Smashing Pumpkins et les guitares arides des Queens Of The Stone Age, pour ensuite se terminer dans le calme sur une descente planante aux allures de glissade vers l’infini. Ce nouveau son de cloche donne un aspect encore plus bipolaire à la musique de RIEN qui, sans cesse aspirée dans des directions contradictoires, met plus de temps à nous accrocher que par le passé. Si « Looters Will Be Shot » réussit à convaincre après avoir laissé décanter plusieurs fois la galette, « Interstellar Drift » se prend quelque peu les pieds dans le tapis et ne trouve de réelle utilité que dans la transition quelle matérialise entre le titre qui la précède et celui qui la suit.

Autre changement de taille (et c’est le cas de le dire) : le format. Contrairement à nombre de ses prédécesseurs, « 2 » a le bon ton de ne pas s’embarrasser de longueurs dispensables. Seule la conclusive « La Chute de Satan » dépasse (et encore à peine) la barre des sept minutes, sans pour autant se perdre dans d’inutiles et ennuyeuses divagations. RIEN ne laissant pas le temps à notre esprit de vagabonder, le propos n’en devient que plus pertinent et convaincant, surtout pour un auditeur non habitué aux mœurs du Post-Rock atypique de nos grenoblois.

Plus sombre et décalé que par le passé, RIEN signe ici un disque au trois quarts bon (voir très bon), plein de prises de risques et de petites trouvailles qui nous font regretter que la fin s’annonce désormais si proche pour le quinquet des alpes. En attendant, il vous reste encore un peu de temps pour découvrir en live la bande de Grenoble, avant que mort s’en suive.

Note : 3.5/5

Dirty Alice

L’Amicale Underground, label de RIEN : http://www.amicale-underground.org/

Facebook : https://www.facebook.com/pages/RIEN/119809412345?fref=ts

Bandcamp : http://rien.bandcamp.com/

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Bonsoir à tous !

Wonderland is a lie organise son premier GRAND JEU CONCOURS !

A gagner : un article sur le groupe / magasin de musique / organisme / etc.. de votre choix, réalisé spécialement par Chapelier rouge et Dirty Alice !

Pour participer, rien de plus simple : il vous suffit de poster un commentaire sur n’importe quel article du site, en nous faisant part de vos impressions sur Wonderland is a lie, de ce qui vous plaît ou pas, ce qui pourrait être amélioré, etc.. Le grand gagnant sera tiré au sort le jeudi 17 octobre au soir ! Soyez au rendez-vous ! N’hésitez pas à partager l’évènement, nous augmenterons le nombre de gagnants en fonction du nombre de participants !

– Chapelier rouge

Pixies -EP1

Pixies -EP1

Eh oui, ce qui devait arriver est arrivé… Vingt-deux années ont passé depuis le dernier album des lutins de Boston, neuf depuis leur reformation, et voici enfin, un disque des Pixies. On ne va pas se le cacher, c’était prévisible, gros comme une maison (ou comme le ventre de Black Francis, au choix). Depuis le départ de Kim Deal annoncé en Juin dernier, la presse Rock s’est affolée dans tous les sens, tout le monde se posant la même question : le leader des Pixies allait-il enfin sortir le disque que sa comparse avait toujours refusé d’enregistrer ? La sortie du single Bagboy (absent de cette galette) moins de deux semaines après le départ de la cool girl du groupe de Boston ne fit que confirmer ce que tout le monde savait pourtant déjà : on allait avoir du Pixies.

A partir de ce moment, deux camps se sont dégagés. D’un côté les puristes, qui ne voyaient en cette nouvelle production discographique que l’œuvre mégalomaniaque d’un Frank Black, toujours aussi boulimique quand il s’agit de produire des disques (il n’y a qu’à aller jeter sa œil à la discographie, aussi massive qu’inégale du chauve de Boston), et souhaitant ressusciter pour de bon le groupe de Rock le plus influent et le plus novateur de ces trente dernières années (il est toujours bon de le rappeler). Et de l’autre, une bande de fans aux abois qui jubilaient à l’idée d’entendre (enfin !) le disque qu’ils attendaient depuis plus de vingt ans.

Il y avait effectivement de quoi en exciter plus d’un. Le très bon (quoiqu’un peu long) Bagboy envoyé en éclaireur fin Juin avait de quoi mettre l’eau à la bouche. Entre sa rythmique faussement hip-hop, son refrain aux aires d’hymne conquérant (sur lequel on aurait juré d’entendre la douce voix Kim Deal) et l’énorme son déployé comme une réminiscence de Trompe le Monde, le morceau était plein de promesses. Que nos lutins favoris ont apparemment oublié de tenir…

Quand on balance un disque des Pixies sur sa platine, la première chose à laquelle on s’attend, la première chose qu’on veut : c’est une décharge, un uppercut, une gueulante. Sur cet EP1, rien de tout cela. L’introductif Andro Queen se trouve être une ballade affreusement calme et plate. Ce n’est pas qu’on n’aime pas quand les Pixies ralentissent le tempo ou font preuve d’un peu de douceur, mais à ce compte-là, on préférait qu’une vraie mélodie se dégage. A la place nous avons une chanson fade et mollassonne qui traîne en longueur pour s’enliser dans un inutile nuage de reverb. Dans le registre des morceaux doux, Indie Cindy fait bien meilleur effet. En se baladant entre ambiances malsaines et étrangement cotonneuses, le morceau constitue une réussite toute relative qui s’écoute avec un plaisir mou mais constant alors que Another Toe In The Ocean et What Goes Boom nous font penser à de vagues chutes de Trompe le Monde (qui est déjà un album de chutes, c’est dire…).

Le principal problème de cet EP, c’est qu’il n’a finalement pas grand-chose de Pixiesien à offrir : la basse est inaudible, les fulgurances de Santiago sont quasiment absentes, le sens de la dynamique semble s’être perdu en cours de route, et même Francis n’a pas l’air convaincu par ce qu’il chante. On a en tout et pour tout un disque moyen de Frank Black qui, il faut se résoudre à l’admettre, a sans doute perdu tout ce qui faisait son originalité et son génie. Ça fait peur.

Aussi improbable que cela puisse paraître de la part du combo de Boston, c’est finalement sur la longueur que cet EP1 arrive à sauver la face. Au fil des écoutes, Andro Queen s’avère écoutable bien que toujours pataude, alors qu’Another In the Ocean arrive à tirer son épingle du jeu grâce à sa mélodie entêtante et ses guitares conquérantes, sans pour autant révolutionner le Rock Alternatif. Seul What Goes Boom peine à relever la tête, la faute à un refrain mou du genou qui gâche un morceau qui aurait pu être le meilleur de la galette.

Au final, ce premier EP (qui sera suivi par QUATRES autres, faîtes gaffe) nous montre que Frank Black a sans doute définitivement rejoint le cercle des Songwritter en mal d’inspiration des années 90 (Billy Corgan et Noel Gallagher vont être contents d’avoir un nouveau copain avec qui jouer). 2013 fut l’année de come-back réussis (Black Sabbath, Primal Scream, My Bloody Valentine…), les Pixies sont malheureusement l’exception qui confirme la règle…

2.5/5

– Dirty Alice

NB : Dans ce cas précis la parution d’un nouveau disque des Pixies constituait un véritable événement dans le monde du rock indépendant. La critique d’artistes aussi important aura toujours un caractère exceptionnel sur ce site dont la vocation reste de révéler des artistes encore émergents ou peu connus.

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Une fois en lisant GreNews, je suis tombé sur un article à propos d’IronBlast. Je ne me souviens plus de la teneur exacte, mais il me semble que c’était assez élogieux. Enfin bref, je sais que le Chapelier avait pour projet de les interviewer, mais cela ne s’est pas fait et ne se fera sans doute jamais car le groupe s’est séparé depuis peu. Comme avec Tobbaco Factory, une critique du disque by myself devait suivre. Mais puisque le groupe a désormais disparu, je me suis dit : «autant faire ça bien». Alors plutôt que de faire une simple critique du disque comme prévu à la base, je me suis décidé à parler un peu du groupe et de son historique. Pour réaliser cette chronique je me suis donc beaucoup documenté, via le Facebook du groupe (la base) et les témoignages de quelques personnes qui ont suivi ces metalleux de manière relativement assidue (je remercie au passage toutes les personnes qui m’ont fourni ces précieuses informations, elles se reconnaîtront). Je n’ai malheureusement pu obtenir aucune anecdote croustillante qui aurait pu rendre ce pavé plus drôle…

IronBlast, c’est une histoire longue de près de six ans qui commence en 2007 et se termine en 2013. Entre temps, un grand nombre de musiciens se sont succédés, et seules la section rythmique et la voix restent de la formation originelle. Au total il y a eu pas moins de quatre guitaristes et de trois claviéristes différents (ça fait du monde). Après divers remaniements, le lineup du groupe de Deathcore mélodique Grenoblois s’est finalement stabilisé en 2011 avec pas moins de six membres (!) : deux guitaristes, un claviériste, un bassiste, un batteur et un screamer. Mais, ayant eu l’occasion de les voir sur scène avant qu’ils ne se séparent, j’ai pu remarquer qu’ils avaient été rejoint par un second vocaliste qui s’occupait également de lancer des samples pendant les concerts, mais ce, après la sortie de leur EP (le dit membre n’est pas indiqué dans le personnel ayant participé à l’enregistrement). De ce live, j’ai le souvenir d’un groupe de Metalcore, avec tout ce qui définit le genre, c’est-à-dire un rythme martial, du scream, de la double pédale et des guitares (ou plutôt des guitaristes) qui en imposaient. Plusieurs membres étant sur le départ le groupe a splitté peu après ce concert, de peur qu’un nouveau changement de personnel dans la bande ne vienne corrompre l’identité du groupe. Mais trêve de bavardages, passons à la musique.

EP Omega

EP Omega

Alors autant le dire tout de suite, si vous n’êtes pas habitués aux mœurs de ce genre musical et que le scream vous incommode, vous écœure, ou vous fait tout simplement peur, passez votre chemin de suite, ce disque n’est pas fait pour vous. Mais alors pas du tout. Car c’est le seul type de vocalise que vous entendrez sur cet EP et, même si les hurlements sont exécutés de manière plus qu’honorable, on ne peut s’empêcher de penser que quelques parties de chant clair auraient apporté un peu de relief sur un disque finalement assez lisse. En effet car la première chose qui frappe à l’écoute d’Omega, c’est le son. Ayant vu le groupe jouer en live avant sa séparation, je m’attendais en premier lieu à une déflagration sonore, remplie de guitares légèrement crasseuses. Mais on s’aperçoit vite que les qualificatifs qui décrivent le mieux le son de ce disque seraient plutôt : « lisse », « propre » ou encore « précis ». Presque trop, car l’énergie dégagée lors des live est, de fait, en partie perdue, et c’est un peu dommage.
Pour remédier au problème, l’ensemble bénéficie d’une production assez léchée, qui met en valeur la musique plus que l’énergie qu’elle est sensée dégager. Les synthés sont ainsi très (trop ?) présents, imposent des ambiances malsaines (l’intro de la chanson titre) et lient entre elles des guitares efficaces («In The Forest») ou qui frappent l’auditeur façon uppercut («Insanity»). Les riffs se répondent dans un dialogue musclé, arbitré par une section rythmique impeccable. Les différentes chansons bénéficient de structures assez éloignées du classique (mais ô combien efficace) couplet/refrain. Tantôt avec bonheur comme sur le très bon «In The Forest», le meilleur morceau de l’EP, tantôt en perdant légèrement l’auditeur («Omega»), qui se rabat ainsi sur les solos, techniques et pourtant mélodieux, pour ne pas décrocher du disque.
La technique des musiciens est d’ailleurs le gros point fort du disque, parce que même pour un groupe de Metal, IronBlast en jette, que ce soit par les solos évoqués précédemment, par les fulgurances rythmiques de la seconde guitare et de la basse, ou encore par la force de frappe du batteur, qui adopte en même temps un jeu précis et véloce (l’intro de «Fearless» en est un bon exemple).

Unique témoignage discographique d’un groupe aujourd’hui disparu, Omega est donc un bon EP. Bon certes, mais perfectible, qui aurait gagné à avoir un son plus vrai et plus puissant. Quelques grands instants jalonnent ce disque prometteur, mais il n’y aura malheureusement pas de suite… Quoi qu’il en soit, soyez certains que Wonderland is a lie vous tiendra informé des projets artistiques futurs des anciens IronBlast, il parait d’ailleurs que quelque chose serait déjà en train de se préparer. Affaire à suivre.

Note : 3/5

– Dirty Alice

Facebook : https://www.facebook.com/Ironblastofficial?fref=ts

Wonderland is a lie

Publié: 21 avril 2013 par Chapelier Rouge dans Général
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Bienvenue sur Wonderland is a lie, blog de critique musicale des artistes émergents. Régulièrement seront postées des interviews de musiciens, accompagnées de liens utiles.

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Pas de restriction géographique et lingüistique, les interviews sont réalisées par message, en Français ou en Anglais (pour l’Anglais, traduites en Français, postées dans les deux langues).

– Chapelier rouge